jeudi 8 janvier 2009

LUTTE CONTRE LA CÉCITÉ

Un pari difficile à gagner par les autorités sanitaires

Par Sylvestre Fils Dorcilus


Les statistiques relatives aux maladies oculaires sont inexistantes en Haïti. Toutefois, une étude réalisée récemment par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime qu’environ 50 % des cas de cécité enregistrés dans les Caraïbes le sont en Haïti.

Les maladies oculaires sont devenues, au cours de ces dernières années, un véritable problème de santé publique. Le nombre de personnes atteintes augmente d’année en année. En Haïti, le taux de prévalence est estimé à 1 % avec un nombre d’environ 90 000 personnes présentant de sérieux problèmes de cécité provoquée par la cataracte (50 à 60 %,), le glaucome (20 à 25 % ) et la rétinopathie (5 %).

Dans la perspective d’éliminer les causes responsables des cas de cécité en Haïti, un Plan stratégique national de prévention de la cécité en Haïti 2008-2012 a été déposé, depuis environ deux ans, au ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP), à l’initiative du Comité national de prévention de la cécité (CNPC-Haïti). Cependant, jusqu’à date, les autorités sanitaires n’ont donné aucune suite nécessaire à ce plan.

Le pays ne dispose que de quelques unités de traitement et de prise en charge logées dans certaines grandes villes. La plupart de ces unités offre un service d’ophtalmologie réduit. Mais, expliquent les docteurs François Romain et Brigitte Hudicourt, respectivement président et conseillère du CNPC-Haïti, avec la mise en exécution du Plan stratégique national de prévention de la cécité, le pays pourra bénéficier d’un important programme d’amélioration de la santé oculaire des populations.

Conscients de l’évolution croissante de la cécité dans le pays, les spécialistes ophtalmologiques François Romain et Brigitte Hudicourt signalent que « seule la mise en application du Plan stratégique national comportant tout un schéma d’interventions en terme de prévention pourrait aider efficacement à réduire le nombre de cas dans le pays, tout en tenant compte du coût élevé du traitement. »

Cette initiative des membres du CNPC-Haïti a été prise parallèlement avec la stratégie « Vision 2020 » développée par l’Organisation mondiale de la santé, conjointement avec des ONG internationales dans le but de fournir des soins ophtalmiques à un fort pourcentage de la population mondiale, en particulier dans les Caraïbes, à court terme.

En attendant l’approbation du Plan stratégique par le ministre de la Santé publique pour poser des actions concrètes dans la lutte contre la cécité, les membres du CNPC, assistés de plus d’une cinquantaine de volontaires, entre autres, des ophtalmologues, des étudiants en sciences infirmières et de quelques partenaires dont la Société haïtienne des ophtalmologues (SHO), ont réalisé plusieurs activités, notamment des services de consultations, et ont fait des opérations gratuites à travers plusieurs régions du pays, du 8 au 19 octobre 2008, à l’occasion de la commémoration de la Journée mondiale de la vue, chaque deuxième jeudi d’octobre.

« Au CNPC-Haïti, nous attendons encore l’approbation du Plan par les autorités sanitaires, en l’occurrence le ministre de la Santé, pour que nous puissions le mettre en pratique, car c’est une véritable boussole pour le pays dans la lutte contre la cécité », ont souligné les docteurs Romain et Hudicourt, au cours d’une interview au Matin.

Faire du Plan stratégique une priorité !

Se réjouissant de l’importance des activités entreprises du 8 au 19 octobre dernier et au cours desquelles une campagne d’information sur les problèmes visuels et sur le dépistage des affections de la vue a eu lieu, le Dr Frantz Large, président du SHO et coordonnateur du comité de commémoration de la Journée mondiale de la vue, a appelé les autorités concernées à faire du Plan stratégique une des priorités du ministère.

Comme le Dr Romain, le président de la Société haïtienne d’ophtalmologie a mis l’accent sur l’importance du Plan qui prévoit d’offrir les soins oculaires dans tous les centres étatique du pays et de renforcer ceux offrant déjà ces soins par la mise en place d’unités qui, sous la responsabilité de techniciens supérieurs en ophtalmologie, permettront d’augmenter et de rendre accessible l’offre de service à toute la population.

Plus de 2000 personnes examinées pour 44 opérations !

Selon les organisateurs, l’initiative d’octobre dernier, au cours de laquelle des bénéficiaires ont reçu des prestations entièrement gratuites, a permis de consulter 2 661 personnes, d’effectuer 53 opérations chirurgicales de distribuer 1 267 paires de lunettes de lectures.

Elle visait à « faire reculer » et même « enrayer » le terrible fléau de la cécité dont plus 70 % des cas peuvent être traités ou évités. Le Comité national de la prévention de la cécité (CNPC) a été fondé à Port-au-Prince, le 12 février 1998, à l’initiative du ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP) avec des associations et institutions des secteurs public et privé et des agences et ONG internationales, tels l’Institut Brenda Strafford, la Convention Baptiste du Cap-Haïtien, la Société haïtienne d’aide aux aveugles (SHAA), la Société haïtienne d’ophtalmologie (SHO). Le CNPC est considéré comme un organisme technique, à but non lucratif, constitué de membres bénévoles désignés par les associations ou institutions affiliées, pour les représenter au sein du dit Comité.

Ses attributions sont : analyser et évaluer la problématique de la cécité en Haïti ; faire des propositions en vue de la définition d’une politique nationale en matière de prévention de la cécité ; élaborer un plan national de prévention de la cécité réaliste, en tenant compte des priorités identifiées et s’en assurer du suivi ; recenser le personnel, les installations et les programmes déjà existants en matière de prévention de la cécité ; mettre sur pied des activités de sensibilisation, d’éducation du public en matière de prévention de la cécité, en collaboration avec les unités techniques du MSPP / DPSPE, Nutrition DOSS et toutes les autres Institutions / Associations et personnes intéressées ; constituer une banque de données susceptible de fournir des informations pertinentes dans le domaine de la prévention de la cécité et des soins oculaires en Haïti ; faire le suivi des activités de prise en charge des problèmes oculaires ; maintenir des relations étroites avec les organismes de financement nationaux et internationaux œuvrant dans le domaine des soins oculaires en vue de faire avancer la cause de la prévention de la cécité en Haïti ; soumettre un rapport annuel d’activités au MSPP.

MICHÈLE PIERRE-LOUIS/PARLEMENT/BUDGET 2008-2009

Nouveau budget, nouvelles taxes sur le passeport et les télécommunications !

Devant la Commission finances de la Chambre des députés, ce mardi 6 janvier 2009, la Première ministre Michèle Duvivier Pierre-Louis a annoncé de nouvelles taxes pour l’exercice fiscal 2008-2009, notamment sur les télécommunications et les passeports.

Des modifications sont apportées aux articles 1 et 2 de la loi du 23 octobre 2002 relatifs à la taxe de communication. Une taxe est en effet instituée sur tout appel international d’Haïti vers l’extérieur et de l’extérieur vers Haïti. Ainsi, « la taxe sur appel téléphonique international placé en Haïti est fixée à 5 gourdes par appel. La taxe sur appel téléphonique international entrant est fixée à 4 gourdes par minute ».

Les organisations internationales, les ambassadeurs et agents diplomatiques, les consuls, agents consulaires ou assimilés, les sociétés coopératives légalement constituées, les fondations et les organisations non gouvernementales légalement reconnues, seront exonérés de cette taxe. « Une taxe sur tarif de terminaison des réseaux est établie et fixée à 3,6 gourdes la minute », lit-on dans l’article 3.

Le droit d’obtention de passeport est fixé à 1 600 gourdes. Toutes taxes comprises : 150 gourdes pour la CFGDCT, 350 gourdes pour le Fonds d’entretien routier (Fer) et 1 100 gourdes pour le droit de passeport. Ces nouvelles taxes devront permettre, d’après la Première ministre, de répondre aux manquements de l’appui budgétaire qui, selon Michèle Duvivier Pierre-Louis, ne répondra pas aux espérances du gouvernement.

Les priorités ?

Devant la Commission des finances de la Chambre des députés, Michèle Duvivier Pierre-Louis était accompagnée, entre autres, du ministre des Finances, Daniel Dorsainvil, de celui de la Planification, Jean-Max Bellerive, de celui chargé des Relations avec le Parlement, Joseph Jasmin, et du secrétaire général de la Primature, Ronald Bodin. Il était question pour le chef du gouvernement et ses ministres et collaborateur d’apporter des éclaircissements sur les priorités du gouvernement dans la loi de finances 2008-2009.

Agriculture, production nationale, infrastructures routières, énergie, protection de l’environnement, développement du tourisme constituent le premier chapitre des priorités du gouvernement. Santé, justice et sécurité font partie d’un autre chapitre. Le budget 2008-2009 se chiffre autour de cent milliards de gourdes.

Suivant les priorités du gouvernement, plus de 52 % des crédits, soit près de cinquante milliards de gourdes, sont alloués au secteur économique regroupant les ministères : Travaux publics (50,33%), Planification (20,81 %), Agriculture (13,51 %), Économie et Finances (11,65 %), Commerce et Industrie (1,73 %), Environnement (1,45 %), Tourisme (0,52 %). 19,49 %, soit plus de dix-huit milliards de gourdes, sont alloués au secteur social.

Lequel secteur regroupe les ministères : Éducation (47,30 %), Santé publique (46,75%), Affaires sociales (2,72%), Jeunesse et Sports (2,31%), et Condition féminine (0,92 %).Le secteur politique regroupe les ministères Justice et Sécurité publique (62,45 %), Intérieur et Collectivités territoriales (18,19%), Affaires étrangères (8,67 %), Bureau du Premier ministre (5,92%), Présidence (4,15 %), et le ministère des Haïtiens vivant à l’étranger (0,61 %). 15,43 % du budget sont alloués à ce secteur, soit plus de quatorze milliards de gourdes.

Avec 0,89 %, soit plus de huit cent millions de gourdes, le budget du secteur culturel, via le ministère de la Culture, est réparti entre les services internes (30,27 %), les Archives nationales (21,68 %), les activités culturelles (12,94 %), la Télévision nationale d’Haïti (11,87%), la Bibliothèque nationale (4,06 %), la Radio nationale d’Haïti (4,05 %).

Dans une fourchette variant de 3 % à 0 % se retrouvent les crédits alloués aux institutions suivantes : École nationale des arts (Enarts), Institut de sauvegarde du patrimoine national (Ispan), Théâtre national, Musée du Panthéon national (Mupanah), Bureau d’Ethnologie, Direction nationale du livre (DNL), Bureau haïtien du droit d’auteur.
Dans le budget 2008-2009, plus de trente cinq milliards de gourdes doivent provenir des impôts, droits et taxes, plus de quarante milliards de gourdes des produits des dons comme appui budgétaire et financement de programmes, et près de quinze milliards de gourdes doivent provenir des financements internes et externes.

Jacques Desrosiers (Le Matin : mercredi 7 janvier 2009)

mercredi 7 janvier 2009

PORT-DE-PAIX/DROGUE/CORRUPTION

Trois commissions d’enquête, mais toujours pas de résultats !

Par Sylvestre Fils Dorcilus

À deux mois de l’éclatement du scandale de corruption à Port-de-Paix, dans le Nord’Ouest suite à une perquisition conjointe, le 12 novembre dernier, par des membres de l’appareil judiciaire et de l’institution policière menée en la résidence de l’oncle du trafiquant de drogue Alain Désir actuellement en prison aux États-Unis, la lumière n’est toujours pas faite sur le dossier et la situation garde toujours toute son application.

En effet, les portes du tribunal civil de Port-de-Paix sont restées fermées jusqu’à ce lundi 5 janvier, malgré la mise en disponibilité du doyen du tribunal de première instance, Gélin Ronel, en tant qu’administrateur du tribunal, non pas en qualité de juge de siège, par le garde des sceaux de la République, Jean Joseph Exumé, quelques jours après l’éclatement du scandale. Me Gélin Ronel a été frappé par cette mesure pour avoir refusé d’obéir à l’ordre de son supérieur hiérarchique lui recommandant de procéder à l’ouverture du tribunal.

D’autres mesures drastiques dont la mise en disponibilité du substitut du commissaire du gouvernement près le Tribunal civil, Me René Moïse, des juges de paix, des greffiers, la mise en isolement et l’audition par l’Inspection générale de la Police nationale d’Haïti (PNH) de tous policiers ayant participé, aux côtés des magistrats, à la perquisition du 12 novembre et suspectés d’implication dans cette affaire. Trois commissions d’enquête judiciaire, policière et parlementaire ont été créées afin de faire jaillir la lumière dans le cadre de ce dossier.

En attendant les résultats de ces commissions d’enquête, ce fameux dossier continue de constituer un véritable casse-tête pour les autorités judiciaires et policières qui se sont engagées à faire, de la lutte contre la corruption, leur cheval de bataille aux côtés du Pouvoir exécutif.
Une délégation parlementaire composée des membres des Commissions corruption et justice et sécurité de la Chambre basse a effectué une visite de deux jours, du 29 au 30 décembre à Port-de-Paix, dans le cadre d’une enquête, a-t-on appris. Cependant, les parlementaires n’ont pas encore informé publiquement des résultats de leur démarche. Toutefois ils ont avisé que « toute personne, notamment tout parlementaire, impliquée dans cette affaire sera frappée par des mesures que de droit. »

Une première enquête réalisée dans le cadre de cette affaire par International Federation of Christian Chaplains, rejetée le 29 décembre lors d’une conférence de presse, par le ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Jean Joseph Exumé, et le directeur général de la PNH, Mario Andrésol, avait révélé qu’effectivement plusieurs magistrats et policiers présents lors de la perquisition, ont pillé le domicile d’Alain Désir.

Seuls les résultats des enquêtes…
Dans une lettre adressée au ministre de l’Intérieur et des Collectivités territoriales, le 14 novembre 2008, le délégué départemental du Nord’Ouest, Henri-Max Télus, a déploré que « malgré les efforts déployés par le gouvernement pour freiner la corruption à travers le pays sous toutes ses formes, ce sont des personnes placées pour mener la lutte qui contribuent à aggraver la situation de par leur comportement, notamment dans le Nord’Ouest ».

Le délégué avait invité le ministre de l’Intérieur à diligenter une commission d’enquête pour fixer la responsabilité de tout un chacun. « Vu la situation dans laquelle les autorités judiciaires et policières se trouvent impliquées, le délégué suggère à votre Excellence de bien vouloir envoyer une commission d’enquête dans la juridiction en vue de fixer les responsabilités de chaque autorité dans ce pillage », avait-t-il écrit.
Un rapport du RNDDH accuse des autorités judiciaires et policières
« La perquisition chez l’oncle d’Alain Désir le 12 novembre dernier n’a été qu’un simple pillage au cours duquel des objets de valeur et une forte somme d’argent, dont le montant exact ne peut toujours pas être estimé, ont été amassés par les autorités judiciaires et policières », note un rapport publié, le 30 décembre écoulé, par le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), Le Réseau invite « le gouvernement à poursuivre les coupables afin qu’ils soient punis conformément à la loi ».

Selon le rapport du RNDDH, les personnes ayant reçu leur part du butin sont : Dumas Louidor, commis greffier près le parquet du Tribunal de première instance de Port-de-Paix, Me Gérard Athis, avocat, ancien commissaire du gouvernement près le Tribunal civil de Port-de-Paix, Sainvilia Saint Charles et Kerline Jean, nommées récemment secrétaires au parquet près le Tribunal civil de Port-dePaix, Patrick Eugène, substitut du commissaire du gouvernement près le Tribunal civil de Port-dePaix, Jean Volné Bellamin, substitut du commissaire du gouvernement près le Tribunal civil de Port-dePaix, Harry Registre, inspecteur municipal, responsable du service départemental de la Police judiciaire et porte-parole de la Police nationale d’Haïti (PNH) dans le département du Nord’Ouest, et Jordany Lazar, agent 2 de la PNH.

Ont participé à la perquisition lancée sous la direction de Me René Moïse, alors chef par intérim du parquet: Saint-Marc Bouquet, juge titulaire au Tribunal de paix de Port-de-Paix, Jean Mathieu Dorvélus, suppléant juge de paix, Gaby Dorélien et Albert Loriston, greffiers, Mangle Samson, représentant de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah), et un contigent de 18 policiers de l’Unité départementale pour le maintien de l’ordre (Udmo) du Nord’Ouest, et l’investigateur Jean-Mary Louiternier, agent 3.

mardi 6 janvier 2009

Discours du Premier Ministre, Le 2 Janvier

Pour l'Histoire nous tenons à publier in extenso le discours prononcé le 2 janvier, jour des Aïeux, par le chef du gouvernement Michèle D. Pierre-Louis au Palais national.
Palais National, le 2 janvier 2009
Monsieur le Président de la République
Monsieur le Président de la Cour de Cassation
Monsieur le Président de l'Assemblée Nationale
Mesdames, Messieurs les Ministres et Secrétaires d'Etat
Honorables Parlementaires
Mesdames, Messieurs les grands commis de l'Etat
Mesdames, Messieurs les Directeurs Généraux
Son Excellence le Nonce Apostolique
Mesdames, Messieurs les membres du corps diplomatique
Mesdames, Messieurs les membres des organisations internationales
Distingués invités,
Permettez d'abord que je vous souhaite à toutes et à tous une bonne année 2009. Je crois qu'il nous faudra faire preuve de beaucoup de lucidité et de courage, et une grande part d'humanité, pour faire face aux défis qui s'annoncent.
En ce 2 janvier, jour où traditionnellement nous revisitons l'histoire et commémorons les exploits de nos héros, je ne peux m'empêcher de m'imaginer les difficultés et obstacles de toutes sortes qu'ils ont eus à surmonter pour gagner de haute lutte l'indépendance de notre pays contre l'esclavage, le colonialisme et le racisme.
Non pas que les circonstances soient les mêmes, à chaque époque ses défis, mais l'intelligence et le sens commun qu'il nous faut garder en état d'alerte pour prendre la mesure de la complexité des situations que nous vivons, et arrêter les décisions qui s'imposent, ne changent pas nécessairement à travers le temps.
Dès la fin du 18ème siècle, au moment de l'insurrection générale des esclaves, notre pays qui retrouvera quelques années plus tard, le 1er janvier 1804, grâce à Dessalines, son nom Taino d'Haïti, se situait au coeur de toutes les grandes questions qui se débattaient dans la France révolutionnaire d'alors, au milieu de contradictions et de contestations qui ont souvent mené à la guillotine. La liberté, l'égalité, la fraternité.
La science et la technique. La production de richesses, le grand commerce international et les voies de communication. Le droit et la citoyenneté. Toutes ces questions se sont heurtées au système esclavagiste qui en était la négation, alors même qu'il les nourrissait en même temps. Le triomphe de la révolution haïtienne a été une victoire, un moment d'épiphanie comme il y en a rarement dans l'histoire, où ces mêmes questions allaient se poser avec encore plus d'acuité. Et pendant tout le 19ème siècle Haïti souffrira d'avoir osé. Face à une Europe hostile et à une Amérique esclavagiste dans ses Etats du sud, notre Etat s'est difficilement créé dans la hantise d'une menace externe, et d'interminables luttes de pouvoir qui ont laissé l'immense majorité de la population hors jeu.
Aujourd'hui, 205 ans après, où en sommes nous ?
205 lane apre, ki kote nou ye jodi a ? Tout gwo kesyon ki tep poze depi nan nesans Ayiti yo kontinye poze jis jounen jodi a menm kant gen avanse ki fèt. Kesyon libète, sitwayènte ak jistis. Depi nou soti nan ane diktati yo, pèp Ayisyen an ap reklame dwa li genyen pou li sitwayen nan peyi l, sa vle di pou li patisipe kòm sa dwa nan desizyon ki konsène lavi l, avni l ak avni pitit li. Li antre an mas sou sèn politik la e li di fò li aktè tou jounen jodi an.
Gen avanse ki fèt, men gen bak ki fèt tou. Se yon batay li ye, pou sitwayen an tankou pou gouvènman an, ki gen pou li kreye kondisyon pou sa fèt dan la règdwatet. Sa vle di kreye kad legal la an menm tan l ap fasilite dyalog nan mitan divès sektè nan peyi an ki pa abitye chita ansanm pou diskite sou avni peyi a Kesyon lasyans ak teknik. Nou gen anpil batay pou nou mennen nan domèn sa toujou, pou nou rive metrize pi byen lasyans ak teknoloji ki pou pèmet plis envestisman serye fèt nan peyi a ak mwayen pa nou.
Sa vle di tou, kore inivèsite nou yo ak lekòl pwofesyonèl nou yo, pou se pa etranje sèlman ki metrize domèn sa yo. Leta bezwen lasyan ak teknoloji pou li devlope politik piblik yo. Kesyon pwodiksyon richès, komès entènasyonal ak kominikasyon. Kesyon sa yo, se yon seri gwo kesyon ki mennen yon kriz san presedan nan peyi rich yo. Ki modèl devlopman nou vle ? Ki wòl lajan nan devlopman sa ? KI wòl travay ? Ki kote modèl sa pran ka kretyen vivan, pran ka moun, tout bon vre? Kriz entènasyonal nan gwo peyi yo oblije nou reflechi sou ki sa nou vle bò kote pa nou pou nou rive nan yon sosyete ki pi jis, ki pi solidè, ki pi imen.
Kesyon sa yo pa fasil e se pa yon moun oubyen yon sèl gwoup moun ki gen repons yo. Se divès sektè nan sosyete a, divès enstitisyon piblik tankou prive ki pou chita, met tèt yo, lespri yo ak enèji yo ansanm pou nou rive jwenn repons pou kesyon sa yo. Richès ki te pwodui pandan la koloni tale jwenn peyi esklavajis yo. Men apre lendepandans, nou te toujou pa kontwole gran komès entènasyonal la. Se nan gran peyi yo pri danre tankou sik, kafe, kakawo te kalkile, se pa peyizan kiltivatè a ki te fikse pri yo. Kidonk yon bon pati nan richès ki te pwodui nan peyi a pat sèvi peyi a.
E menm si li te sèvi pouvwa a ak gwoup ki te pwoch pouvwa a, li pa t tounen jwenn sou okenn fòm pwodiktè yo, travayè yo. Kant a kominikasyon, annik gade peyi a jodi a pou wè sèl wout ki te fèt, se sa ki te soti nan plantasyon yo pou rive nan pò yo. E nou erite sitiyasyon sa. Kidonk, aloske jounen jodi a, peyi an ta bezwen 3,000 kilomèt bon wout, li apèn gen 600 ki fèt, dapre sa espesyalis yo di. San wout, pa gen mwayen pou machandiz ak moun sikile pou fè ekonomi peyi a mache. Se poutèt sa, nan diskou li fè ayè premye janvye 2009 nan vil Gonayiv la, Prezidan Preval esplike aklè enpòtans li bay wout, enpòtans travay CNE ap fè nan peyi an.
Gouvènman an pral travay ak Prezidan an pou nou konstwi le plis wout n ap rive fè nan ane an, pou nou deklwazonen peyi an, pou nou louvri l yon fason pou nou dekouvri richès li genyen nan domèn natirèl, kiltirèl ak istorik, men tou pou pwodiksyon peyi an jwenn debouche sòti nan Mòl Sen Nikola rive Ansapit, sòti Savanèt rive Ansdeno.
Monsieur le Président de la République, Mesdames, Messieurs, Au seuil de cette nouvelle année et en ce jour particulier du 2 janvier qui nous porte à toujours faire un détour par l'histoire pour faire acte de mémoire vis-à-vis des héros de l'indépendance, nous renouvelons notre engagement personnel et celui du gouvernement de travailler avec vous, et avec tous les secteurs qui croient dans l'avenir de notre pays, les institutions publiques, le Parlement, les municipalités, les secteurs paysans et populaires, le secteur privé des affaires, les socioprofessionnels, les syndicats, les secteurs religieux, les organisations de jeunes et de femmes, les universités, la communauté internationale, pour que, même dans l'adversité, nous parvenions à atteindre les objectifs que vous avez fixés : d'une part, construire des voies de communications qui décloisonnent le pays, raccourcissent les distances et le temps, et repoussent les frontières qui nous séparent physiquement les uns des autres.
Et d'autre part, construire un dialogue intersectoriel et plurisectoriel, entre l'Etat est les citoyens/citoyennes, et entre les citoyens/citoyennes entre eux, inédit jusqu'ici dans la forme comme dans le fond, qui redéfinisse notre humanité, construise la confiance, renforce notre identité de peuple, et assure ainsi la stabilité et la sécurité. Si nous réussissons, et je le souhaite de tout coeur, nous aurons encore une fois, comme nos aïeux, étonné le monde.
Je vous remercie.

lundi 5 janvier 2009

CAP-HAITIEN / TOURISME

Le site touristique de Labadee revendiqué par des particuliers

« Les terres données en bail à la Solano par l’État haïtien en 1980 aurait été confisquées arbitrairement au temps de la dictature de Duvalier ; elles appartiennent aux familles Doyen Pierre et Saint-Vil qui auraient secrètement conservé leurs titres de propriété jusqu’au soir de leur vie », a-t-on appris. Les héritiers Doyen Pierre et Saint Vil Pierre ont fait appel à un cabinet d’avocats. Une première action en justice a été intentée contre la compagnie de téléphonie mobile Voila.

Un tribunal du Cap-Haïtien a condamné en effet Voilà à verser 500 000 (cinq cent mille) gourdes de dommages et intérêts « pour avoir pénétré illégalement sur l’habitation Duclos pour y installer des équipements ».

Voilà avait sous-loué de la Solano, elle-même fermière de l’État haïtien. Une décision de justice saluée par les héritiers Saint-Vil et Doyen Pierre qui envisagent de s’en prendre à « d’autres occupants illégaux de leurs terrains ». Selon Arnold Thélusma, proche des prétendants héritiers, la Société Labadee Nord (Solano) pourrait être la prochaine compagnie à être sommée dans cette affaire.

Le site touristique de Labadee reçoit les luxueux navires du croisiériste Royal Caribbean International (RCI). Chaque semaine, quatre ou cinq navires de la RCI mouillent dans la baie de Labadee, réputée pour ses plages entourées de montagnes à la végétation luxuriante. Le site de Labadee rapporte annuellement plus de 2 millions de dollars américains à l’État haïtien.

NOUVEL AN

Duvalier et Aristide : des voeux de solidarité complémentaires

Le premier jour de la nouvelle année a été marqué non seulement par le discours traditionnel du président de la République, René Préval, dans une ville des Gonaïves toujours marquée par les cicatrices des inondations de la saison cyclonique, mais aussi par les voeux de deux ex-présidents d’Haïti, Jean-Claude Duvalier et Jean Bertrand Aristide, tous deux vivant en exil.

Cette année encore, les ex-présidents Jean-Claude Duvalier et Jean Bertrand Aristide ont, à l’occasion du nouvel an, formulé leurs voeux à la nation haïtienne. Jean-Claude Duvalier vit depuis quelque 22 ans en France et Jean Bertrand Aristide, depuis environ 5 ans en Afrique du Sud.

Dans leurs messages de nouvel an, les deux ex-présidents ont tenu à présenter leurs sympathies aux parents et proches des victimes de la saison cyclonique et de l’effondrement du bâtiment qui logeait La Promesse Collège évangélique dans le quartier de Nérette à Pétion- Ville. Environ 90 élèves morts et un grand nombre de blessés ont été enregistrés dans cet effondrement. L’ex-dictateur Jean-Claude Duvalier émis le voeu que 2009 soit, pour le peuple haïtien, « une année de l’unité qui nous permettra de regagner toutes les forces mobilisatrices et le sens profondément moderne du mot patriotisme ».

« Que l’année 2009 soit une année empreinte de solidarité au cours de laquelle les Haïtiennes et Haïtiens puissent manifester des valeurs qui ont toujours fait la force de notre pays », a poursuivi Jean-Claude Duvalier, insistant sur la refondation d’une société haïtienne qui aille « dans le sens de l’inclusion sociale, de la justice, de la solidarité, de la croissance, de l’emploi, de l’intelligence, de l’innovation et de la créativité ».

De la solidarité dans l’unité

Pour sa part, Jean Bertrand Aristide a, lui aussi, salué la mémoire des victimes des dernières intempéries survenues en août et septembre dernier et de celles de la tragédie de Nérette le 7 novembre de la même année. Après avoir adressé ses salutations et ses voeux aux habitants de toutes les sections communales et quartiers populaires du territoire national, l’ex-président Jean Bertrand Aristide a évoqué la situation socioéconomique et politique du pays.
Il a fait un survol historique tout en mettant particulièrement en exergue les stratégies politiques du précurseur de l’Indépendance, en l’occurrence Toussaint Louverture qui, a-t-il dit, reste un guide pour tous les chercheurs en sciences sociales. « Chaque 1er janvier ressemble toujours à une page blanche dans le cahier de l’histoire.

À la page du 1er janvier 1804, nos aïeux avaient écrit un grand testament de dignité afin que tous les Haïtiens puissent vivre en toute liberté, égalité et fraternité. Le testament est usé certes, mais le contenu du document reste inchangé », a martelé Aristide, rappelant que Toussaint Louverture plaida pour « l’inclusion et la justice sociales sur le plan du droit économique et politique de chaque Haïtien sans distinction aucune ».

Jean Bertrand Aristide s’est dit convaincu que son « départ forcé » pour l’exil pèse énormément dans la balance socioéconomique et politique du pays. « Dènye kou deta 29 fevriye 2004 la, kase tout kolòn vètebral peyi a bout pa bout, san poutchis yo pa janm jwenn bout ki gen sèvo a. Mennen koulèv la lekòl se youn, fè’l chita se 2. Pèp la granmoun depi nan zòtèy rive jouk nan tèt li. An bon kreyòl, pòch li vid, men tèt li pa vid. Lè kou deta fann yon peyi 2 bò, fòk minorite a rekole ak majorite a tankou 2 bò yon sèvo », a déclaré Aristide.

Abordant la question de la cherté de la vie qui a occasionné, en avril dernier, des émeutes de la faim en Haïti, Aristide a dit croire que ce problème peut trouver une solution si les responsables d’État y mettent une réelle volonté. Il suffit, a-t-il dit, d’emboîter le pas de façon méticuleuse sur la voie d’une politique soutenue où l’on accordera une grande priorité à la production nationale.

Alix Laroche ( Source : Le Matin 5-6 janvier 2009)

GONAÏVES / COMMÉMORATION DE L’INDÉPENDANCE

2009 : une année difficile, prédit René Préval

Le 1er janvier 2009, aux Gonaïves, à l’occasion de la célébration du 205e anniversaire de l’Indépendance nationale, le président René Préval a prédit une année 2009 difficile pour Haïti.
Comme pour les messages du 1er janvier 2007 et du 1er janvier 2008, le président a insisté sur le thème de la paix, mais dans une approche différente. En 2007, le chef de l’État avait souhaité un véritable engagement en faveur de la démocratie et de la paix pour combattre l’arbitraire, la criminalité, le banditisme, la déprédation, le vol.

En 2008, cette paix était encore prônée par le président dans les mêmes objectifs. En 2009, le président René Préval invite à construire la paix pour favoriser la stabilité devant aboutir à la relance de l’économie et au départ des troupes étrangères. Face à une année qui s’annonce difficile par rapport à la crise économique mondiale, le chef de l’État s’est gardé, dans son message du début d’année, de s’étendre en promesses.

Le 1er janvier 2007, le président René Préval avait promis l’élaboration d’un plan de développement de 25 ans. Un plan, encore en attente, qui devait résulter d’un dialogue entre toutes les forces nationales politiques, économiques et sociales.
En 2008, marquée particulièrement par les « émeutes de la faim », les promesses présidentielles avaient plutôt porté sur la création d’emplois pour combattre la cherté de la vie, le développement de l’agro-industrie, bref, le renforce- ment de la production nationale, et la lutte contre la corruption. Le président avait également annoncé la construction, dans les 140 communes de la République, de complexes culturels et sportifs équipés de matériels technologi-ques modernes.

Pour cette année 2009, le président René Préval promet la construction de routes pour favoriser la relance des activités touristiques, agricoles et commerciales. « 2009 sera l’année des grands chantiers à travers le pays ». L’accent a été mis sur l’action du Centre national des équipements (CNE), déjà en oeuvre sur les routes de Miragoâne (Nippes) et de Malpasse (Ouest).

Le président René Préval annonce pour ce mois des travaux routiers pour relier Cazal (Ouest) à La Chapelle (Artibonite), Titanyen (Ouest) à Saut d’Eau (Centre). Des travaux sur la route Cayes-Jérémie doivent débuter au cours de l’année. 99 millions de dollars auraient été investis pour rééquiper le CNE. Le chef de l’État souhaite que les moyens soient accordés au CNE dans le Budget 2008-2009, à l’étude au Parlement.

À chaque année son bilan…

À chacune de ces années, son bilan. Des bilans qui accusent des retards dans la concrétisation de bon nombre de promesses. Le 1er janvier 2008, le président René Préval s’était félicité de l’amélio-ration de la situation sécuritaire en 2007 et des mesures pour augmenter les recettes de l’État. En même temps, il avait annoncé pour bientôt le dépôt au Parlement d’un projet de loi sur l’évasion fiscale. Il avait fait également l’éloge de la détermination de l’équipe gouvernementale, conduite alors par le Premier ministre Jacques Édouard Alexis, dans le combat contre la corruption.

« 2008 restera une année inoubliable pour les Haïtiens et le monde entier », a déclaré, le 1er janvier dernier, le président qui a rappelé les émeutes de la faim ayant conduit, en avril, au vote de censure du Sénat contre le gouvernement du Premier ministre Jacques Édouard Alexis. René Préval a également souligné les effets dévastateurs de la tempête tropicale Fay et des ouragans Gustav, Hanna et Ike qui ont coûté la vie à 793 personnes et affecté plus de 850 000 autres. La construction de routes et la paix constitueront en 2009 les priorités du président René Préval. Rendez- vous est fixé au 1er janvier 2010 pour le bilan de 2009. Ce bilan, peut-être, tranchera-t-il sur les autres en répondant aux promesses de ce 1er janvier.

Jacques Desrosiers (Source : Le Matin 5-6 janvier 2009)

Remarque : Sur la Photo le chef de l’État René Préval et la première ministre Michèle Duvivier Pierre-Louis

mercredi 31 décembre 2008

SITE A CONSULTER

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LES HEROS VERTIERES

Les Héros de la bataille de Vertières, 18 novembre 1803, contre l'armée française de Napoléon

Les Monuments Historiques de Vertières ont été instauré en vue de commémorer la victoire décisive des troupes haïtiennes sur l'armée française, le 18 novembre 1803, dans cette région appelée aussi Vertières.

Cette bataille, connue sous le nom de la « Bataille de Vertières », conduira plus tard à l'indépendance d'Haïti, proclamée le permier janvier 1804 aux Gonaïves.

Ce monument est classé Patrimoine National du département du Nord et de l'arrondissement du Cap-Haïtien.

vendredi 26 décembre 2008

LA CITADELLE LAFERRIERE

La Citadelle La Ferrière de Millot, construite par Henri Christophe à 900 mètres d'altitude, est la plus grande forteresse des Caraïbes. Elle se trouve à 15 km au Sud de Cap Haïtien, dans le nord du pays.

Elle a été construite après l'indépendance en 1804 pour défendre la partie nord de l'île d'Haïti contre un éventuel retour des français. 20 000 personnes participèrent aux travaux de construction qui durèrent quatorze années. Il est à noter que 2000 de ces esclaves périrent au cours de la construction. Ce "sang mélangé au mortier de l'édifice" est la cause de la solidité de la Citadelle, selon les guides touristiques Haïtiens.

L'ensemble des bâtiments furent en partie détruits par le tremblement de terre de 1842. Des travaux de reconstruction ont permis une certaine réparation de cette merveille du monde.

Une plaque a été déposée vers 1990 pour rappeler aux Haïtiens visitant ce lieu que le roi Henri Ier, qui s'était suicidé le 8 novembre 1820 au palais de Sans-Souci, a été enterré en sa Citadelle. Ce lieu a une valeur patriotique importante aux yeux des Haïtiens.

Le Parc national historique - Citadelle, Sans-Souci, Ramiers est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO.